Tux géant

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« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »

Origine du projet

En vue du vingtième anniversaire de la Guilde, une petite poignée de membres s'est lancée sur un projet de fabrication d'un Tux en peluche géant. Bien sûr, comme souvent au LOG, ils n'avaient aucune idée d'où ils allaient.

Le point de départ était de réaliser un petit manchot à partir du modèle de free-penguin.org, pour s'initier à la couture, voir comment ça s'assemble, et se rendre compte si le géant est vraiment réalisable.

Prototypes

Version 1

Premier proto en laine bouillie

Le patron disponible sur free-penguin.org est prévu pour être imprimé au format A1. La première étape a été de l'imprimer sur plusieurs feuilles A4, qui ont été réassemblées pour créer des patrons pour chaque forme, à la fois avec du papier et du carton. Le carton est plus résistant que le papier, mais le carton très épais utilisé ici était peu pratique pour les formes complexes.

Le premier test a été fait avec de la laine bouillie. C'est un tissu très épais, pas forcément évident à coudre, mais ça rend assez bien pour un petit manchot. Un pied à double entraînement peut aider à garder les deux pièces de tissu bien alignées, mais ça coûte un peu cher. A défaut, ne pas trop appuyer le tissu avec le pied fait bien l'affaire. L'inconvénient majeur, c'est son prix excessif (30€/m, en rouleau de 1,50m de large), qui nous a fait changer de tissu par la suite.

L'assemblage s'est globalement fait sans trop de problèmes. Le souci a été pour les pattes, gardées de côté pour la fin, et qui sont plutôt difficile à mettre d'une manière satisfaisante. Problème résolu pour la V2, en ne commençant pas par les assembler indépendamment, mais en cousant le haut de la patte sur le corps, avant de l'assembler avec sa partie basse (via un trou dans le morceau du corps, on peut facilement faire la couture sur l'envers).


Version 1.1

La famille Tux

Face au problème du prix, nous avons changé de tissu pour la suite. De la laine bouillie, on est passé à de la polaire premier prix pour le corps noir, un peu de blanc d'un tissu proche de la polaire, mais plus doux, et un genre de fourrure pour le jaune. S'en est suivi la réalisation d'un deuxième modèle de test. Prévu au départ pour être au même format que l'autre, la quantité de tissu disponible nous a fait opter pour une version plus grande. On pouvait ainsi tester, du même coup, l'agrandissement des patrons, et le nouveau tissu.

L'agrandissement s'est fait "au pif", en projetant le patron au mur, et en ajustant la taille "pour que ça passe", ce qui a donné un facteur d'à peu près 1.72x. L'assemblage a été un peu plus laborieux, le tissu étant moins facile à découdre en cas de ratage.

Making of

Ces deux tutos ont été suivis pour la réalisation :

Il est intéressant de lire les deux avant de commencer, histoire de se mettre dans le bain. Nous ne reviendrons pas ici sur l'ensemble des étapes, déjà bien décrites dans ces liens, mais uniquement sur des points précis où des difficultés ont pu être rencontrées lors du passage à l'échelle.

Découper les patrons

La première grosse difficulté pour l'agrandissement, a été de sortir les patrons. L'assemblage de 9 feuilles A4 pour le premier était déjà un peu laborieux, imaginez donc la manip pour un morceau de 2m !

La première idée était de faire ça chez un imprimeur spécialisé. On a donc essayé de rentrer toutes les pièces sur 4 feuilles A0, le patron fourni n'étant pas optimisé pour être imprimé tel quel (une large partie contient du texte et des images sur la droite). L'outil Libre Office Draw, probablement satisfaisant pour la plupart des gens, était plutôt pénible à utiliser, impossible de tourner les pièces (qui étaient des groupes de forme), et l'export vers Gimp/Inkscape n'a pas été bien meilleur. Notez que l'équipe en charge est plutôt récalcitrante aux outils graphiques, ce qui n'a pas aidé.

Une deuxième option est venue par la suite, bien plus pratique (et économique, finalement) : l'utilisation d'un vidéo-projecteur. On a ainsi pu se passer de l'impression, en projetant directement sur le tissu, accroché au mur :

Essai de projection sur le tissu

Seulement, c'est pas si pratique que ça à l'usage. Le tissu se déforme un peu sous son propre poids, et il est pendu à quelques centimètres du mur. Lorsque l'on trace effectivement le contour, on est plus tout à fait aligné pareil. Le tracé d'une aile sur un morceau de carton a en revanché été très facile et pratique, et nous a convaincus de faire ça en deux temps. L'autre avantage étant que si l'on venait à déchirer une pièce, on garde le patron à côté pour en refaire une. Ainsi, on a retracé le patron sur un rouleau de nappe en papier (on a trouvé que ça à 20h) :

Essai sur la nappe

C'est mieux, mais on était coincés avec la craie, pas forcément très pratique, le marqueur passant à travers la nappe (et l'écran blanc du hackerspace n'aurait pas apprécié).

Pour les tracés de la grande version, on a investi un peu plus dans le papier, en passant de la nappe ultra-cheap à des rouleaux de papier kraft de 10x1m. Avec le recul, on aurait sûrement pu écrire au marqueur sans risques, mais par habitude on a fait ça à la craie. Le problème de la craie étant qu'ensuite, en reportant le patron sur le tissu, ça laisse des traces, qui peuvent justement se confondre avec la craie que l'on utilise pour marquer le tissu…

Au final, cette solution marche assez bien. Cependant, le principal problème est que c'est très difficile à reproduire : l'échelle dépend de l'angle, la distance, la résolution de l'ordinateur, et le zoom du fichier. Il est donc souhaitable de tout faire en une fois, pour ne pas avoir besoin de reproduire. Sinon, ajuster le zoom de sorte qu'une échelle précise soit respectée devrait faire l'affaire aussi, mais nous avons opté pour la méthode La Rache. Essayez quand même de décalquer un bout d'échelle, afin de pouvoir rattraper le coup si besoin. On avait oublié le derrière pour la v1.1, et on a réussi à s'en sortir en calculant à peu près le ratio et en faisant une pièce à peu près similaire (et on a rattrapé les erreurs à la couture)

Choix du tissu

Pour un modèle de grande taille, qui servira de "mascotte publicitaire" dans des évènements avec du passage, on a privilégié la robustesse et la facilité d'entretien, par rapport à l'esthétique et au toucher, qui seront plus importants pour une peluche à offrir à un enfant. Et également le prix, une différence de 5€ au mètre se payant pas loin de 60€ à l'arrivée.

La laine bouillie donc, rend assez bien, est relativement simple à coudre, et plutôt robuste. On a même tenté d'y mettre le feu (l'étude des normes de sécu, ça rend fou), ça se consume un peu avant de s'éteindre, c'est donc parfait. Le toucher est agréable, sans avoir la douceur de la fourrure, et visuellement c'est cohérent avec ce qu'on pourrait s'attendre d'un manchot.

La fausse fourrure utilisée pour les pattes et le bec en v1.1 était pas mal, mais a le souci d'être très salissante. On retrouve encore des poils, près de 3 semaines après, malgré le passage de l'aspirateur à 2 reprises. Etant difficile à découdre, on a dû carrément refaire certaines pièces, faisable sur un petit modèle mais délicat quand on a des pattes de 80 cm.

Le choix final s'est donc fait sur de la polaire, mais pas la première venue au magasin discount, comme on avait fait pour la v1.1. Elle était pénible car trop fine, et entre deux visites au magasin, le fournisseur avait changé. On a donc choisi de faire "comme les pros", en privilégiant un approvisionnement plus stable, avec un tarif un peu plus élevé mais une meilleur garantie sur l'homogénéité du tissu. Tout est maintenant en polaire, avec la même texture partout, et c'est bien comme ça.

Remplissage

Grillage pour la tête, avec de la mousse sur le dessus (non retenue à terme).

La grande question, que tout le monde nous pose dès qu'on parle du projet. La grande question à laquelle on n'a pas voulu réfléchir à l'avance, de peur de se rendre compte que c'était ingérable.

Donc plusieurs solutions de remplissage ont été évoquées : ballons gonflable, mousse, ouate, paille, armature en métal, grillage à poules, papier journal, polystyrène… Le vrai problème est que tout est possible, mais rien n'est parfait. Pouvoir vider le Tux pour le stockage et le transport serait appréciable, mais gonfler une centaine de ballons pour mettre la bête en forme, en réajustant constamment le tout, l'est beaucoup moins. La paille mélangée à la mousse semble être une bonne solution pour avoir une texture similaire aux fauteuils, mais est beaucoup plus lourde. La ouate est très chère sur ce volume. Bref, quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse, on a des inconvénients, alors à un moment on a fini par trancher.

C'est donc le grillage à poules qui l'a emporté, avec un petit complément de mousse, via des chutes récupérées à l'école de théâtre d'en face. On a privilégié la facilité (qu'on croyait…), la souplesse et la légèreté, quitte à ne pas pouvoir compacter la bête facilement. Une version 2.1 verra peut-être le jour, pour pouvoir faire voyager le Tux aux évènements lointains, mais pour l'instant on a fait ce qu'on a pu.

La tête consiste en un cylindre de grillage, arrondi sur le dessus. Une tentative de la garnir de mousse a été faîte, puis abandonnée, car trop contraignante : la forme de la tête devenait beaucoup moins régulière, il aurait fallu tout recouvrir d'une même épaisseur de mousse.

Ensuite, pour pouvoir bosser sereinement, on est allés dans l'atelier, qui dispose d'une hauteur sous plafond conséquente, où l'on a suspendu la tête via un croisillon de bois et une pelote de ficelle. Les pattes ont été remplies de blocs de mousse, taillés au couteau électrique. On a également découpé du grillage pour faire le ventre (un cylindre évasé) et le derrière (à partir du patron, on a reprit la même forme). Le bec est constitué de deux plaques de grillages découpées selon le patron puis mises en forme afin de donner du volume.

Les différentes portions du grillage ont été fixées les unes aux autres à l'aide de serflex. Enfin, afin d'éviter que le Tux ne s'effondre sous son propre poids, un pilier central a été réalisé. Ce pilier est constitué d'un tube de PVC d'une longueur légèrement inférieure à la hauteur du Tux, fixé à une base en bois à l'aide d'équerres. Note : pour simplifier le boulonnage aux équerres, le tube PVC a été découpé à 10 cm au dessus des fixations puis réassemblé à l'aide d'un raccord.

Budget

Si les tutos annoncent fièrement que la peluche sera « pas chère », vous pensez bien que le passage à l'échelle ne sera pas indolore. Pour une v2 d'environ 2m20, comptez :

  • 1m60 de blanc, pour le ventre
  • 2m80 de jaune, pour les pattes et le bec
  • 8m40 de noir, pour le reste

Ce qui nous amène à 12m80, sans les marges de sécurité qu'il convient de prendre (on avait 14m, parce qu'on avait calculé comme des manches), ce qui commence à représenter un certain budget. Et comme expliqué juste au dessus, le tissu pour une peluche aussi grande doit être de meilleure facture que pour un petit, au niveau résistance, donc comptez 8 à 12€ au mètre (vendu généralement en largeur 1m50). Pour nous, c'est revenu à 170€, rien que pour le tissu.

Ajoutez à cela le remplissage, ici 40€ pour 10m de grillage à poules, et une fermeture éclair à l'arrière (1m80 dans notre cas, environ 10€), plus les protos éventuels avant (c'est bien de se rendre compte de comment marche l'assemblage à une échelle raisonnable, parce que sur le grand c'est très dur de se rendre compte de ce qu'on fait), et les consommables (rachat de fil, aiguilles (ça casse et ça s'use), craies, papier pour patrons…), nous sommes sur un budget total d'environ 250€.

Attention au fil, c'est pas cher, mais il en faudra un paquet. On a passé une bobine de 100m de fil noir assez facilement, et c'est toujours déplaisant de se retrouver coincé sans fil à 20h quand on a prévu de bosser toute la soirée.

Et pour le temps passé, c'est plusieurs soirées et week-ends de travail, seul ou à deux, pour en voir le bout. Attention donc, c'est un projet très chronophage.

Conclusion

Après une petite formation couture (merci à Julien), le premier proto a été relativement facile à faire. Le passage à grande échelle facilitant certains aspects, on est partis hyper confiants en la faisabilité du projet, bien que la question du rembourrage a été repoussée à la toute fin, pour pas se décourager. Les deux grands principes méthodologiques ont été :

  • tant qu'on ne sait pas que c'est impossible, ça se fait
  • si on réfléchit trop, on saura que c'est une mauvaise idée, et on va pas le faire